Tangerine, un film de cinéma entièrement filmé à l’iPhone

Capture d’écran 2015-12-31 à 09.40.27Le réalisateur Sean Baker a entièrement tourné son 5e long métrage à l’iPhone. Tangerine (Prix du jury au dernier festival de Deauville) est visible en salles depuis le 30 décembre. Dans une interview accordée au site Allociné, Sean Baker lève le voile sur les coulisses du tournage avec smartphone.

« Tangerine » étant tourné à l’aide d’un iPhone, comment se sont passées les prises de vues, et combien de temps ont-elle duré ?

Nous avons tourné pendant 23 jours, ce qui est une durée normale. Mais les journées n’étaient pas classiques car elles correspondaient plus à la façon dont les Européens font des films, avec 8h de travail par jour, tout en décontraction. Pour être honnête, ça n’a pas été difficile. C’était même plutôt facile. Il y a beaucoup de travail de post-production, mais le rythme était assez tranquille si bien que les acteurs étaient détendus lorsque nous étions sur le plateau. Nous n’étions pas intimidés et nous avons pu capturer la vie de la rue sans avoir besoin de l’annoncer. C’est comme si nous tournions notre vidéo amateur.

Dans un sens, ça me dérange un peu car je suis cinéphile et j’aime le celluloïd et la pellicule, donc je suis triste que tout ceci disparaisse. Je n’aime pas vraiment le cinéma numérique, et je suis même très critique à son sujet. Mais dans le même temps, des objets tels que les iPhones ont été créés pour des gens comme nous qui ne peuvent pas se payer quelque chose de mieux et sont obligés d’en passer par là.

Dans ce cas, il faut adopter ce que vous avez pour en tirer le meilleur. Comme les réalisateurs indépendants, par le passé, qui devaient tourner en Super 16, faute de mieux. C’est pareil pour nous, car si vous voulez faire un film sans avoir l’argent nécessaire, vous devez trouver un autre moyen.

Tourner avec un iPhone a-t-il posé problème au niveau du son ?

Nous avons enregistré le son de façon traditionnelle et un article paru récemment, et relayé sur notre Facebook, expliquait en détails la façon dont nous avions procédé. Mon ingénieur du son pouvait parfois mettre des micros sur tout le monde, ou utiliser une perche. Nous avions un équipement professionnel à ce niveau. Puis la synchronisation a été faite en post-production, donc nous avons enregistré le son de le même manière que, je ne sais pas, Spielberg le ferait (rires) Il n’y avait pas de différence dans ce secteur.

Vous pouvez faire tout ce que vous voulez avec les images, car cela peut être un choix esthétique. Mais quand il s’agit du son, il faut qu’il y ait de la qualité, puisque les spectateurs peuvent vous juger, même inconsciemment. Et un mauvais son vous éloigne de votre but car nous entendons des choses dans la vraie vie. Donc pourquoi pas au cinéma. Et c’est comme cela que l’on peut distinguer les professionnels des amateurs.

L’interview intégrale sur Allociné.

Techniquement, le film a été tourné avec un iPhone 5s avec l’application FiLMiC Pro. Pour les plans en mouvement, le stabilisateur Steadicam Smoothee et l’optique Moondog Labs ont été utilisés, nous apprend le site iPhoneSoft.

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