14 leçons après le sommet mondial de la vidéo mobile (#MoJoCon2016)

Le 2e sommet mondial de la vidéo mobile s’est tenu à Dublin à la fin de la semaine dernière. L’événement #MoJoCon (pour Mobile Journalism Conference) a réuni plus de 500 participants venus du monde entier. L’occasion de faire le point sur les avancées dans le domaine de la vidéo produite à partir de smartphones par les journalistes et les autres producteurs de contenus numériques (ONG, collectivités publiques, enseignants, entreprises).

Deux journées de partage et de pratique autour de la vidéo mobile.
Deux journées de partage et de pratique autour de la vidéo mobile.

Les Irlandais ont rebaptisé le mythique stade de Lansdowne road du nom d’une société d’assurance. C’est donc maintenant le Aviva Stadium. Nostalgie pour les amateurs de rugby biberonnés aux matchs du tournoi des 5 nations au cours du XXe siècle. Mais la nostalgie n’était pas de mise dans les grandes salles nichées sous les gradins de cet Aviva Stadium. C’est là qu’était organisée la 2e édition de la conférence MoJoCon avec le regard tourné vers l’avenir de la vidéo mobile.

Sous les gradins de l'Aviva Stadium de Dublin, les salles de conférences qui accueillent la conférence MoJoCon2016.
Sous les gradins de l’Aviva Stadium de Dublin, les salles de conférences qui accueillent la conférence MoJoCon2016.

Cette année, pour la 2e édition du sommet mondial de la vidéo mobile, plus de 500 participants avaient répondu présents venant de toute l’Europe mais également des Etats-Unis, du Canada, d’Australie, d’Afrique du Sud (et j’en oublie).

La télévision publique irlandaise, RTE, est à l’origine de l’événement. Pour être tout à fait exact, il faudrait sans doute dire que Glen Mulcahy, journaliste cadre à la RTE et aujourd’hui responsable innovation (après avoir participé à toutes les expériences de journalisme mobile depuis la sortie du premier Nokia N95, le précurseur des smartphones) est le père gourou de cet événement.

Tout au long de deux journées particulièrement copieuses, j’ai pu faire le point sur les usages, les accessoires, les applications et constater par la même occasion que les formations Filmer et monter des vidéos pro avec iPhone (mais également avec Android) que nous délivrons avec Samsa.fr sont parfaitement en phase avec ce qui se fait de mieux dans le domaine.

Si vous souhaitez un premier aperçu, je vous recommande cette vidéo produite par Léman bleu, la chaîne de télé locale de Genève qui est passé à la production avec iPhone pour ses sessions d’info (j’y reviendrai) et qui était présente à Dublin pour expliquer son mode de fonctionnement.

Si cette conférence porte le nom de MoJoCon pour Mobile Journalism Conference, les journalistes n’étaient pas les seuls présents à Dublin. Beaucoup d’enseignants, de représentants d’associations ou d’ONG, de collectivités territoriales ou d’institutions publiques ou de communicants d’entreprise. Tous ont en commun de devoir alimenter en vidéo les médias (sociaux ou pas) qui les relient à leur audience. Et pour tous, la vidéo mobile apparaît comme une solution pratique en terme d’investissement (en temps et en argent).

Avant de vous partager dans les jours à venir quelques interviews réalisées à Dublin et des articles sur certains points-clefs lorsque l’on produit de la vidéo avec smartphone, voici les principaux enseignements que je retiens de cette conférence MoJoCon 2016.

Le sommaire

1 – La consommation de vidéos ne cesse d’augmenter

2 – La production de vidéos ne cesse d’augmenter

3 – Les médias se mettent à la vidéo mobile

4 – Le live vidéo (Periscope, Facebook, YouTube) grimpe en flêche

5 – La réalité virtuelle (VR ou vidéo 360) s’annonce comme la prochaine grande étape

6 – Témoin-reporter: le retour de la figure du « journaliste-citoyen »

7 – Tous les journalistes peuvent produire de la vidéo

8 – Le casse-tête du matériel et des accessoires pour smartphone (trépied, monopode, coque, micro, lumière, etc)

9 – Les applications vidéo pour iPhone et Android

10 – La primauté de l’iPhone

11 – La fragmentation du monde Android

12 – Windows phone. Windows quoi ?

13 – Si peu de francophones

14 – Des formats éditoriaux à réinventer

1 – La consommation de vidéos ne cesse d’augmenter

La vidéo est le format qui connaît la plus forte croissance de sa consommation en ligne. Et ce n’est pas terminé. Les chiffres donnés par Rebecka Cedering Ångström, du Ericsson ConsumerLab donnent le vertige. Ce lab décrypte les tendances à venir pour le géant suédois des télécom.

Extrait du ERICSSON MOBILITY REPORT NOVEMBER 2015
Extrait du ERICSSON MOBILITY REPORT NOVEMBER 2015

Et, nous, internautes (sur ordinateur ou sur mobile), nous sommes terriblement exigeants. A tel point que nous considérons le fait de devoir attendre (buffering) pendant le visionnage d’une vidéo comme aussi stressant que regarder un film d’horreur. C’est en tout cas, ce qu’à expliqué Rebecka Cedering Ångström.

Autre caractéristique de la consommation de vidéo en ligne: les plus jeunes ont résolument tourné de dos à la télévision et s’ils passent des heures à regarder des vidéos sur écran, c’est devant YouTube.

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2 – La production de vidéos ne cesse d’augmenter

Sur ce point précis, il n’existe pas véritablement d’indicateur à l’exception de la quantité de vidéos mise en ligne sur YouTube: 300 heures de vidéo sont mises en ligne chaque minute. Si vous avez regardé la vidéo qui figure un peu plus haut, ce sont plus de 1000 heures de vidéos qui ont été postées pendant que vous regardiez le sujet de 3 minutes et 30 secondes.

3 – Les médias se mettent à la vidéo mobile

Honneur aux pionniers avec la RTE, la télévision publique irlandaise qui produit et diffuse depuis plusieurs années des reportages entièrement réalisés avec iPhone comme ceux de Philip Bromwell (que l’on peut retrouver sur Vimeo).

Plus radical sans doute, le choix de la chaîne locale de Genève Léman bleu qui est passée à la production de ses infos en grande partie avec smartphone depuis plusieurs mois.

La BBC n’est pas en reste. Elle a formé des dizaines de journalistes et compte en son sein des journalistes mobiles éminents comme Nick Garnett ou Marc Settle, mais le concept du MoJo (mobile journalist) a, semble-t-il, du mal à prendre corps au sein de la grande maison.

Aux Etats-Unis, des chaînes locales comme WJZY à Charlotte (Caroline du Nord) sont composées uniquement de reporters MoJo qui filment avec leur iPhone ou une caméra JVC 650 et qui montent sur leur mobile ou sur leur ordinateur mobile, a expliqué Geoffrey Roth, le créateur de la chaîne. « Nous voulions une rédaction décentralisée en éliminant les allers-retours entre la stations et les zones couvertes par nos reporters ».

4 – Le live vidéo (Periscope, Facebook, YouTube) grimpe en flêche

A Dublin, peu de professionnels étrangers ont entendu parler de la couverture vidéo de #NuitDebout par Rémy Buisine sur Periscope et de ces 80 000 spectateurs simultanés. Si le chiffre fait lever un sourcil, l’événement n’en est pas un tellement tout le monde est convaincu ici de la montée en puissance extrêmement rapide de la vidéo en direct que ce soit sur Periscope, Facebook ou sur d’autres plateformes.

La vidéo live obéit à ses caractéristiques propres, ont rappelé les intervenants :

  • Le sujet doit être visuel (s’il n’y a rien à montrer, abstenez vous)
  • Le traitement doit être interactif (et donner sa place aux interactions avec l’audience)
  • L’approche doit être personnelle (privilégier la proximité avec la/les personne/s que l’on voit dans le live)
  • Le récit doit progresser au fil du live (s’il ne se passe rien, à quoi bon être en direct)
Photo: Filmatu (CC BY-NC-SA 2.0)
Photo: Filmatu (CC BY-NC-SA 2.0)

Le live prend tellement le pas sur les autres formes de vidéo que la blogueuse mode anglaise Rebecca Casserly (connue sous le pseudo de BoopFashionista) a décidé d’abandonner YouTube pour se concentrer exclusivement sur Periscope.

Un engouement que confirme Nick Garnett, journaliste de BBC5, une des radios de la BBC. Lui, le MoJo (mobile journalist) accompli qui produit de l’audio et de la vidéo avec son smartphone en reportage, constate que les internautes ont l’air de ne jamais se lasser de voir des directs qui montrent les coulisses d’un événement.

J’avais relaté l’une des premières expériences de Nick Garnett (lors du tremblement de terre qui a ravagé le Népal) dans un article: Pourquoi Periscope donne une autre dimension au témoignage vidéo (mai 2015)

Nick Garnett m’a fait l’honneur de projeter ce tweet lors de sa présentation à MoJoCon 2016.

La vidéo en direct pose également une série de défis éthiques ou déontologiques, j’y reviendrai dans un prochain post.

5 – La réalité virtuelle (VR ou vidéo 360) s’annonce comme la prochaine grande étape

J’ai décidé de faire confiance aux intervenants qui ont dit tout le bien qu’ils pensaient de la vidéo à 360 degrés (on dit aussi vidéo immersive) et de la réalité virtuelle (VR pour les spécialistes, « virtual reality »). A titre personnel, je suis un peu moins convaincu par une généralisation massive, mais je vais vous livrer leurs arguments et ceux des fabricants de matériel (caméras, casques de réalité virtuelle) qui étaient présents lors de cette conférence MoJoCon. Les fabricants n’essaieraient-ils pas de pousser un peu à la consommation ?

Avec le virtuel, il n’est plus question d’informer mais de « vivre une expérience ». C’est ce que propose le Guardian en vous invitant à passer un moment dans une cellule de prison.

Pour vivre l’expérience, il vous faudra charger l’app du Guardian (disponible sur IOS et sur Android). Mais vous pouvez déjà avoir un premier aperçu sur YouTube.

6 – Témoin-reporter: le retour de la figure du « journaliste-citoyen »

La vidéo mobile et son accessibilité nous renvoie parfois aux heures glorieuses des blogs et du débat faisandé autour des « journalistes-citoyens » (circa 2006). Je vais aller directement à la conclusion car ce débat est clos:

  1. Oui, les outils de production/diffusion sont entre les mains de tout le monde (les blogs hier, la vidéo —y compris en direct— aujourd’hui);
  2. Oui, dans ces conditions, tout le monde peut accomplir des actes de journalisme en témoignant d’événements ou en partageant son expérience ou son expertise;
  3. Non, tout le monde ne veut pas faire du journalisme son métier;
  4. Les journalistes ne sont pas menacés tant qu’ils apportent à l’info + que Madame ou Monsieur Toutlemonde.

J’ai vu poindre ce vieux débat lors de quelques interventions. Mon pari: on va (malheureusement) en reparler très vite.

7 – Tous les journalistes peuvent produire de la vidéo

Le groupe allemand Der Spiegel s’inscrit dans une tradition de qualité dans ses investigations et ses reportages. Ce média issu d’un magazine de presse écrite est désormais l’un des gros sites d’info allemand en ligne. Il a mobilisé 15 journalistes de sa rédaction dans la couverture vidéo de la « crise des migrants ».

Sandra Sperber, la reporter vidéo à l’origine du projet a raconté comment les journalistes (dont certains étaient peu familiarisés avec la vidéo) ont pu produire des images de qualité professionnelle avec leurs smartphones.

Les raisons du succès, selon elle: faire simple. Les reporters n’ont utilisé qu’une ou deux apps qu’ils maîtrisaient et des accessoires de base.

« Ca a changé notre idée de ce que l’on peut produire en terme de vidéo mobile », a expliqué Sandra Sperber. « Nous avons été impressionné par le niveau de qualité des rushes qui sont arrivés dans la rédaction, ce qui nous conduit à mettre en place ce genre de système pour nos autres reportages ».

8 – Le casse-tête du matériel et des accessoires pour smartphone (trépied, monopode, coque, micro, lumière, etc)

Si tout le monde n’a pas encore compris que les smartphones sont des caméras à utilisation professionnelle, les fabricants, eux, se sont déjà positionnés.

Il est symptomatique de voir Sennheiser, marque traditionnelle de qualité connue pour ses micros, devenir le sponsor principal de la conférence MoJoCon et proposer de nouveaux accessoires adaptés à l’iPhone ou aux smartphones Android.

Par ailleurs, l’une des plus grandes attentes dans les rangs des participants à la conférence concerne la prochaine sortie de l’optique produite par la firme Zeiss: l’Exolens.

Reste que ces marques traditionnelles ne sont pas les seules sur le marché. Les plus jeunes pousses comme IK née en Italie avec sa marque iRig ou encore les Catalans de ShoulderPod sont bien présents. Sans oublier, bien entendu, une nuée de fabricants chinois aux qualités aussi diverses que les prix pratiqués.

Pour s’y retrouver, il faut retenir deux impératifs du tournage avec iPhone:

  1. capter du bon son (audio first)
  2. produire des images stables

Dans ce dernier domaine, beaucoup d’excitation autour des steadycam pour smartphones (« gimbal » en anglais) qui permettent de bouger pour suivre un personnage ou une action tout en gardant une image parfaitement stable. Certains modèles à 60 € permettent même des miracles.

Pour conclure très provisoirement ce chapitre consacré aux accessoires, je vous livre les recommandations de l’expert Mark Egan en terme de matériel.

9 – Les applications vidéo pour iPhone et Android

Il existe presque autant d’applications que d’accessoires vendus pour les smartphones. Si on veut faire simple, il en est une qui est largement utilisée pour filmer sur iPhone et (depuis peu) sur Android, c’est Filmic Pro. Par la quantité et la qualité des réglages qu’elle propose, elle est l’application de référence.

Présent également parmi les exposants de la conférence, la nouvelle application Mavis a recueilli beaucoup de marques d’intérêt même si elle n’a pas pu être testée en conditions réelles de reportage.

Dans le domaine du montage, iMovie et Pinnacle Studio Pro se partagent les faveurs pour les utilisateurs d’iPhone, tandis que Kinemaster fait la quasi unanimité chez les possesseurs d’Android.

Je termine cette sélection avec l’app qui a sans doute été le plus souvent citée au cours de ces deux jours: Replay. Elle permet de créer facilement des éléments multimédia à partir de photos et/ou de vidéos.

Pour conclure, une piste essentielle pour ceux qui sont à la recherche des meilleures apps, la liste de JournalismTools a interrogé les principaux participants à MoJoCon 2016 pour leur demander leurs 5 applications favorites.

Il y avait aussi la présentation de Marc Settle du BBC College of journalism avec 50 apps indispensables mais je n’ai pas pu y assister et je n’en ai pas trouvé trace en ligne (Marc, si tu nous lis).

10 – La primauté de l’iPhone

Il ne faut pas se mentir, sans doute environ 80% des 500 professionnels réunis à Dublin travaillent avec un iPhone. Pas de snobisme, seulement le constat que c’est Apple qui offre à l’heure actuelle l’environnement le plus stable et le plus qualitatif si l’on englobe les smartphones, le système d’exploitation (IOS) et les applications professionnelles.

On se plaint du prix et de la faible durée de vie de la batterie (encore plus si l’on fait de la vidéo), ce qui fait le bonheur et la fortune des fabricants de batteries d’appoint.

11 – La fragmentation du monde Android

Android représente l’écrasante majorité des smartphones en circulation dans le monde. Et pourtant, les smartphones sous Android sont relativement peu utilisés par les professionnels.

La raison en est simple: la fragmentation (celle des versions du système d’exploitation Android, celle encore plus importante des fabricants et des modèles de smartphones, et enfin celle des couches logicielles que ces fabricants rajoutent). Résultat, l’application de référence pour tourner avec smartphone (Filmic Pro) a mis des années à arriver sur Android (c’est chose faite depuis quelques semaines) et elle a dû pour cela s’adapter à 2000 types de smartphones différents.

Résultat de cette « balkanisation » de l’univers Android, des applications souvent instables et des galères sans nom pour les formateurs quand deux téléphones (pourtant Android) refusent obstinément de se comporter de la même façon.

12 – Windows phone. Windows quoi ?

Pas de place pour les appareils qui tournent sous Windows phone chez les professionnels du monde entier réunis à Dublin. Il existe certes des smartphones tournant sous Windows capables de produire des vidéos de grande qualité mais l’écosystème en matière d’applications est tellement limité que cette solution s’exclut d’elle-même dès lors que l’on ne veut travailler sur les vidéos à partir de son smartphone.

13 – Si peu de francophones

A l’occasion de cette conférence internationale, les Francophones ont semblé bien peu présents. Quatre Suisses de la chaîne locale Léman bleu (qui produit l’essentiel de ses infos avec iPhone), quelques Français (deux formateurs indépendants, Laurent Clause et moi pour Samsa.fr; deux représentants de RMC/BFMTV, Willy Bracciano et Quentin Guiné ; un journaliste-formateur de France Télévisions, Guillaume Kuster; un créateur de start-up, Thierry Scozzesi de dazzl.tv), sans oublier le « régional » de l’étape: Flavien Plouzennec. Au total, c’est peu.

[EDIT] Un représentant de la chaîne locale belge MaTélé était apparemment présent également mais nous ne nous sommes pas croisés sur place.

14 – Des formats éditoriaux à réinventer

Il ne faut pas se le cacher, la vidéo mobile est un champ qui commence seulement à s’ouvrir. Pour le moment, il s’agit —dans beaucoup de cas— de montrer que l’on peut produire les mêmes contenus que ceux de la télé traditionnelle. Preuve est faite que c’est possible dans pas mal de cas.

Il reste maintenant à inventer une/des façon/s d’écrire en images pour tirer partie de la légèreté du smartphone, de son côté banal pour ceux que l’on filme/interviewe et concevoir des contenus destinés à être visionnés également sur smartphone.

C’est sans doute dans ce domaine que la conférence a été le moins riche. Cela montre qu’il reste encore beaucoup de terrain à défricher.

Découvrez nos formations Filmer et monter des vidéos pro avec iPhone (mais également avec Android)

NOTE: dans les prochains jours, je vous proposerai des interviews vidéos réalisées à Dublin et des éclairages sur certains points abordées à l’occasion de cette conférence MoJoCon 2016.

4 réactions dans “14 leçons après le sommet mondial de la vidéo mobile (#MoJoCon2016)

  1. Résumé très intéressant. Merci ! La vidéo au gimbal donne envie mais impossible de trouver une référence pour le matériel dans cette gamme de prix ;-( La journaliste qui a publié la vidéo n’avait pas la référence non plus dans la discussion qui a suivi. Avez-vous une idée ?

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